86, année blanche de Lucile Bordes

86, année blanche de Lucile Bordes

Bonjour toi,

Suite à mon premier bilan de lecture sur l’œuvre Les étoiles s’éteignent à l’aube de Richard Wagamese, je te retrouve aujourd’hui pour un 2ème bilan sur l’œuvre de Lucile Bordes : 86, année blanche qui parle de l’après Tchernobyl et des réactions que la catastrophe a engendré entre la population de l’ex-URSS et celle de la France.

Résumé

Au printemps 1986, le monde découvre Tchernobyl. Sous le nuage radioactif qui traverse l’Europe, trois femmes se racontent. Lucie, dans le sud de la France, se demande s’il va passer la frontière et bouleverser sa vie d’adolescente. Ludmila, dans la ville ultramoderne qui jouxte la centrale, veut croire que tout est sous contrôle dans l’invincible URSS. Ioulia, à Kiev, rêve d’indépendance et de son jeune amant français. Un moment crucial pour chacune d’entre elles, un moment crucial de notre Histoire. Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, Lucile Bordes se souvient de la peur, de l’attente et du silence. Dans une langue affûtée et poignante, elle dit aussi l’amour, l’engagement et le sens du sacrifice. (Résumé de la 4ème de couverture)

Mon avis

Déjà pour démarrer, il te faut savoir qu’en 86 je n’existais pas encore, j’étais loin d’être dans le circuit et ma sœur avait tout juste 5 ans donc très peu de souvenirs. Mes parents ont été très choqué au moment où cela s’est produit mais on en a jamais vraiment discuté. Du coup, même si j’ai suivi l’histoire de ce tragique évènement, je ne me suis jamais vraiment sentie “concernée” par cette explosion.

Alors, lorsque j’ai vu que le livre était dans la liste j’étais bien contente car je voulais avoir le point de vue de quelqu’un qui a connu cette période. Et Lucile avait 15 ans à ce moment là. On peut d’ailleurs la rapprocher du personnage de Lucie, 15 ans également, qui vit dans le sud de la France et qui a peur de mourir à cause du nuage. Il y a pas mal de point commun donc entre Lucie et Lucile.

Mais ce que j’ai particulièrement aimé c’est qu’il n’y a pas de filtres, on ne cache pas les atrocités de l’après-Tchernobyl. Par exemple, les liquidateurs qui ont été forcés d’aller travailler à la centrale pour tenter de canaliser l’explosion mais qui, à cause des rayons, ne disposaient alors qu’une quinzaine de jours devant eux. La mort est donc présente et non dissimulée. On la retrouve avec le personnage de Vassyl, mari de Ludmila et Petro le mari de Ioulia. Leur récit est bouleversant, on voit le sacrifice des hommes face à leur sens du devoir mais également la peur et le désespoir des habitants évacués pour ne jamais revenir.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Lucie. En lisant les passages la concernant, je me disais que je l’aurai surement vécu comme elle. La peur. Peur de mourir. On réalise aussi le silence des médias qui au lieu d’apaiser la peur, ne font que la renforcer. Lucie a peur car elle ignore ce que cette explosion représente. Et les médias à l’époque ont préféré minimiser les dégâts qui n’en sont pas moins catastrophique.

C’est un récit qui m’a touché et que je recommande vivement si tu souhaites en savoir davantage sur cet évènement sans tomber dans le côté “cours d’histoire” et si, comme moi, tu n’étais pas présent physiquement pour ressentir cela.

Auteur

Lucile Bordes est née le 28 mars 1971 et est originaire de la Seyne-sur-Mer dans le Var. Elle commence par des études littéraires à Nice, puis à la Sorbonne à Paris. Elle devient enseignante en lycée puis à l’université. Elle vient d’une famille de marionnettistes, ce qui inspire son premier roman : Je suis la marquise de Carabas. Après une formation elle intervient dans des foyers d’animation populaire, des établissements scolaires et des médiathèques. Romancière, Lucile Bordes est également enseignante-chercheuse en linguistique à l’université de La Garde et maître de conférence à l’université de Toulon.

Si le livre t’intéresse il est disponible à la FNAC, sur Amazon et à La Galerne (pour les havrais). Et si jamais tu as connu l’après-Tchernobyl, peu importe où tu te trouvais à ce moment là, n’hésite pas à me donner ton ressentis.

En attendant le prochain article n’hésite pas à aller voir mes précédents billets sur la Villa Gypsy et mon voyage à Edimbourg. Je te dis à lundi prochain 😉

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